LA SAGA des MINES DU NORD

Usine de Tao en 1913.Cliché Maxime Meyer. Archives N.C
3. L'Usine de fusion de nickel de TAO.
1909.1930

Cela se passait au début du siécle dernier…à flanc de montagne juste à coté de la cascade de Tao entre Pouebo et Hienghène… En Province Nord, au milieu de la brousse calédonienne la première usine électro métallurgique de traitement de nickel…avait été installé…
Tout avait commencé en 1909…Hugoniot jeune ingénieur électricien, déja célèbre pour ses travaux dans le métro parisien, fraichement débarqué en Calédonie, avec 4 électriciens, et 2 contremaitres, avait reçu pour devoir de construire cette usine expérimentale.
Une mission de la Société Calédonienne des mines, dont un des éminents financiers était
un banquier, le banquier Max…. La seule exigence était que le procédé demeure secret…et cela donnait prise aux rumeurs..
Le mystère avait été relayé dans le journal de l'époque "Le bulletin du Commerce", dans lequel on pouvait lire, que si l'on voyait quelqu'un rôder autour de l'usine, on devait le signaler aux autorités locales. On en fait une affaire d'état précise Luc Legerad, même une affaire stratégique.

Vestiges de l'usine, murs en ruines.
La cascade de TAO, force naturelle et puissante.
Vestives de tuyaux captant les eaux de Tao. Photo AR.

En fait toute la stratégie d’Hugoniot consistait à capter 1/10ème de l’eau de la cascade de Tao.. Une source d’énergie naturelle…puissante et peu coûteuse. L’Objectif : était d’ alimenter des dynamos de 2000 ampères sous tension de 110 volts… capable de fondre dans des fours électriques le minerai de Nickel…

Ce minerai, venait par chalands de la mine Pilou… Puis il était hissé jusqu'à l’usine …par un plan incliné de 500 mètres…et Fin 1910 le premier bilan de Tao est de 40 tonnes de Ferro nickel fondus dans les 3 fours de 400 kilos watts chacuns…le Ferro nickel était très pur, le prix de revient très bas. Le procédé de Tao devint un succés. L’usine fût un petit centre industriel florissant…Une centaine d' emplois furent créés sur site… Il y avait des italiens, des libérés, des javanais, des japonais...ce qui occasionnait quelques bagarres précise Luc Legeard. Il y eu même un meurtre qui fut rapporté dans la presse locale.
...mais, outre la maintien du calme dans l'usine, l’autre problème a résoudre pour Hugoniot ajoute l' historien, c’était la confidentialité…car le procédé de fusion de Tao était devenu stratégique pour la France…Avant 1914 les allemands avaient fabriqué dans les usines Krupp un canon de Nickel et de Fer, la France ne voulut pas être en reste, ce qui explique pourquoi l'usine rentable et peu couteuse était devenu secrète et stratégique.

Hélas en 1913 le banquier Max annonce le dépôt de bilan de la société. Il se dit victime de mauvaises spéculations….Il s’agit en fait d’une faillite frauduleuse et c’est la prison qui l’attends…
Avec la chute de l'escroc c'est le rève de Tao tout entier qui s’éloigne. Hugoniot repartira en France. Il aura fait fonctionner son procédé mais il aura râté la grande usine dont il rêvait.
Plus tard la puissante SLN rachètera l’usine de Tao. L'usine continuera à fonctionner jusqu’en 1921.
L’anné suivante Le matériel de Tao sera transféré définitivement à Yaté dans le sud calédonien où la SLN financera plus tard le grand barrage.….

Désormais l’histoire de l ’usine de la cascade de Tao est entré dans la mémoire du Caillou…

Luc Legeard, professeur d'Histoire au collège de Touho.. Photo A .Rosada
Ernest FARINO, son père poussait les wagons en 1920. Photo A.Rosada.

Reportage Télé RFO NC
Alexandre Rosada Nicolas Fasquel
Montage :

Gael Detcheverry.
A.Rosada.