«
Le minerai de chrome était extrait un peu plus haut, de
la grande mine de la Tiébaghi mais aussi de plus petites
exploitations, comme Chagrin, Alpha, Fantoche… et d’autres
encore » nous raconte Alfred Mélas. «
En ce temps là, la vie était bonne, poursuit-il.
Elle n’était pas chère, on ne courrait pas
après l’argent. Koné à cette époque n’existait pas « c’était peau de balle » conclue Alfred.
René Clause, ami d’enfance d’Alfred, a grandi lui aussi à Paagouméne. Son père, livrait des poteaux de bois destiné à la mine Fantoche. Il employait trois japonais et trois javanais. Plus tard adulte, René a travaillé à la mine. Au début dans la mine Chagrin, puis à Thiébaghi, il est devenue pointeur à la bascule, au passage des wagons chargé de minerais. avant leur chargement à Paagoumène. Ici c’était une petite capitale du Nord dit il. Il y avait 300 personnes en permanence. Mélanésiens, Caldoches, ou Asiatiques. On avait des coins bien a nous. Là haut, dit il en nous montrant les endroits, il y avait les chinois, en bas les javanais et plus bas les européens. A la pointe là bas, la direction. Je
me souviens du patron Mr Carter dit il. Il venait prendre l’apéritif
avec nous au club de Paagoumène. J’ai retrouvé
sa fille Rose Carter en Australie une fois précise t il. Au quotidien, on faisait nos courses au comptoir de la société Thiébaghi, qui sera racheté après guerre par la société Ballande. Le bateau du Tour de cote s’arrêtait au wharf pour approvisionner conclue René. Il y avait le bateau « le loyauté » « le néo hébridais », et le « mawata « un bateau à vapeur. Ils mettaient plus d’une semaine à venir de Nouméa, car ils passaient par la Cote est et s’arrêtait à Poum pour charger les trocas. Cette ambiance a duré jusqu'après la guerre, conclue René puis tout a changé il y a eu un grand bouleversement dans les mentalités mais ça marchait bien quand même. Aujourd’hui à coté du wharf de Paagoumène, un nouveau quai de chargement de haute technologie de la SLN est érigé. Il permet l’accès des convoyeurs en mer afin de charger à terme, des minéraliers de 28 mille tonnes et plus.
Du
passé au présent, la baie de Paagouméne reste
toujours vivante dans l’histoire Calédonienne.
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