Jean Claude Pichard, directeur des Editions du Baobab.

"REGARDS"
Une émission de la Rédaction de
RFO-Mayotte.



Aujourd'hui :

Etat des Lieux
de l'écriture à
Mayotte...



Nassur Attoumani, auteur dramaturge mahorais.

Dans cette émission "REGARDS" nous recevons un auteur et un éditeur, Nassur Attoumani et Jean Claude Pichard, afin d'évoquer ensemble la littérature mahoraise.



Existe-t-il une littérature mahoraise, c'est la première question que nous posons à nos deux invités.
Jean Claude Pichard réponds : "oui il y a des textes qui ont été publiés, et il y a des jeunes auteurs qui produisent des textes" Nassur Attoumani nous explique aussitôt ce besoin, cette nécessité qu'il ressenti à d'écrire.
Il évoque les thêmes qu'il aborde dans ses écrits: son pays, ses traditions, son histoire...Il nous raconte aussi comment il est venu à l'écriture : un jour lors d'un accident de voiture un de ses amis qui perdait beaucoup de sang, a été admis aux urgences.
Le médecin de garde étant absent, son ami meurt d'une hémorragie interne..."C'est là que j'ai décidé d'écrire nous raconte Nassur Attoumani. J'ai voulu témoigner afin de dire ce qui n'allait pas dans mon pays"

A son tour Jean Claude Pichard, nous explique comment Les éditions du Baobab, sa société est née.
C'était un projet personnel au début des années 88/89....Nous avons fait un premier livre sur la tradition mahoraise, les bangas notamment...petit à petit les choses s'accélèrent, et en 99 nous avons créé une maison d'édition avec tout nos titres explique-t-il...
Aujourd'hui nous avons une quarantaine de titres en catalogue. Notre équipe est légère, 3 personnes suffisent à la hauteur du marché local.
Il nous indique les différentes collections qui composent sa maison d'édition : une série d'ouvrages généralistes, des livres d'images, une collection jeunesse, une collection histoire, une collection polar, et en 2003 cette année donc, l'arrivée d'une collection littérature.
Les premiers auteurs sont issus de l'atelier d'écriture de l'Institut de Formation des Maitres de Mayotte (IFM).
Les premières nouvelles sortiront en juillet 2003.


Nous continuons sur le thême de l'image de l'écrivain. Est elle surmontable quand on est à Mayotte ?
Quelle représentation en avez vous ?
Nassur Attoumani, nous dit "l'écriture mahoraise est naissante et l'image de l'écrivain est donc simple pour moi".
Cette qualité d'écrivain et d' écrivants s'apprends-elle, ou bien nait-on avec ?
Certes, nous répond Jean Claude Pichard, tout le monde n'est pas Victor Hugo...Seul on essaie de dire des choses, mais on peut aussi apprendre des techniques...
A ce titre les ateliers d'écritures sont des lieux où on s'enrichit beaucoup.
Nous produisons des textes, nous les améliorons, afin de les porter à une qualité suffisante, et plus tard nous avons le retour que l'on mérite de la part des lecteurs.
Notre rôle est de donner nous éditeurs de proximité, la chance à de jeunes auteurs. Leur donner l'occasion d'être édité, même si ce sont de petits tirages...mais qui sait l'un d'entre eux peut finir chez un grand éditeur parisien comme Grasset ?

Nous regardons un premier reportage sur le Salon du Livre à Paris, où éditeurs mahorais et réunionnais se retrouvent chaque année.

L'émission se poursuit sur le thême de l
a distribution des ouvrages de Mayotte dans les salons littéraires.
" Il est important de figurer dans des salons nous dit Jean Claude Pichard, il en va de notre notoriété".
A ce titre il nous indique fréquenter trois salons : celui de la rue Oudinot au Ministère de l'Outremer, celui de la littérature insulaire à Ouessant et bien sur le Salon du Livre à Paris.

Nous poursuivons sur l'utilisation de la langue dans la littérature mahoraise.
Y a t il partage du français et du shimaorais ou bien équilibre, inter-pénétration des mots dans les deux langues ?
Nassur Attoumani nous indique écrire dans la langue française, car elle est riche dit il.
Et puis l'écriture en shimaoré peut limiter le lectorat...
Nous regardons un nouveau reportage sur le partage du créole et du français dans les écrits de l'Océan Indien avec l'exemple de La Réunion.

Jean Claude Pichard indique, "le shimaoré est la langue des expressions, c'est un véhicule formidable de conservation. Les écrivains que je rencontre n'ont aucunes difficultées à passer du shimaorais au français.
Le statut du shimaorais à Mayotte n'a rien à voir avec le statut du créole à la Réunion"

Nous concluons sur la prise en compte du fait culturel littéraire à Mayotte par les politiques. Ils l'oublient un peu confesse Jean Claude Pichard.
Il faut une prise de conscience pour que l'écriture existe conviennent-ils.
La création d'un Festival littéraire à Mayotte serait idéal.
Il permettrait aux jeunes auteurs "en herbe" de prendre leur envol.

"REGARDS"
une Emission de la Rédaction de


Réalisation : Ahamada Rachid.
Images : Darouèche Faridi.Abal Kassim Son : Housseni Ader Assistant :Bakoko Madi.
Montage
: Abal Kassim. Service des Archives : Tiziana Marone
Rédacteur en chef : Alexandre Rosada.