Mercredi 12 Juin à 12H20 et Samedi 15 Juin
à 9H sur RADIO
NOUVELLE CALEDONIE.
Une émission
d' Alexandre ROSADA
Cette semaine nous invités s'appellent, Louis Viratelle,
André Dorbritz, Paul Courtot, René Auffant et
Pierre Messner, ancien Premier Ministre.
Tous sont d'anciens
Combattants de Bir Hackeim et se
souviennent pour nous de cette épisode de la Seconde Guerre Mondiale. Ils
nous font partager leur mémoire.
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Appelé en Métropole, Pierre Messmer nous rappelle
qu'il fut jeune capitaine à la Légion Etrangère lors de la Bataille
de Bir Hackeim. Il a vécut le feu et les
affrontements dans la forteresse encerclée et assiégée. Il se souvient
des combats et des "Pacifiens" c'est à dire ceux du
Bataillon du Pacifique. Il nous parle aussi du Lieutenant
colonel Broche qu'il a connu et donc il garde le souvenir
d'un homme "remarquable".
Nous
avons aussi rencontrés quatre Calédoniens qui faisaient parti
du 1er Contingent du Bataillon du Pacifique.Tour à tour ils
nous relatent leur départ de Nouméa et le voyage pour rejoindre le
front du Moyen Orient et le désert Lybien. Louis
Viratelle nous dit "Le 5 mai 41 on chantait sur le quai de
Nouméa et nos parents pleuraient. Quand on a 18 ans on ne réfléchit
pas on part..." Ils sont en effet partis 300 Calédoniens,
300 Tahitiens. Ils étaient le Bataillon du
Pacifique. |
Arrivé sur place aprés avoir essuyé le feu à Soloum en Egypte puis
à Benghazi c'est l'entrée en Lybie. Le 16 février 42 le Bataillon
rejoint la région de Bir Hakeim. Mot d'ordre
tenir le secteur à tout prix contre le renard du Désert le Général
allemand Erwin Rommel et les divisions italiennes Ariete et
Trieste!
Face à eux la 8ème armée Britannique commandée par le
Général Ritchie et la 1ère Brigade Française Libre commandée par le
Général Koenig, surnommé le Vieux Lapin.
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L'installation du Bataillon du Pacifique est rapide.La
défense consistait surtout dans le camouflage dans le désert nous
dit Paul Courtot."On creusait des trous pour tout, les hommes
mais aussi le matériel".On nous appelait les "rats du désert"
nous dit Louis Viratelle. Des champs de mines sont dispersés
tout autour de la position et les armes, canons, fusils, mortiers et
mitrailleuses sont aussi disposées dans toute les directions, ainsi
Bir Hackeim a-t-elle été surnommée "le
Hérisson" nous dit Pierre Messmer. |
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La
stratégie du Général Britannique était de bloquer Rommel le plus longtemps
possible pour mieux organiser les défenses arrières alliées et notamment
les lignes autour de Tobrouk. Objectif :empécher Rommel de passer pour
rejoindre les fronts arrières allemands, et lui faire perdre son armement
stratégique...bref l'affaiblir à défaut de le détruire
!
A partir du 26 mai jusqu'au 10 juin Bir
Hackeim va devenir un "enfer" nous dit René Auffant.
Aux pillonnages de l'artillerie s'ajoutent les attaques de divisions
blindées Italiennes appuyées par l'aviation et les Stukas
allemands...mais les Français et les Pacifiens se battent à un contre
dix ...et résistent...Rommel demande trois fois à Koenig de se
rendre, celui-ci répond "on n'est pas venu pour se rendre". L'Africakorps
tente alors le siège et attaque les ravitaillements...Peu à peu Bir Hackeim est étouffée et dans la nuit du 10
au 11 Juin 42, à 23 heures, le général Koenig décide de
sortir de Bir Hackeim en accord avec les Britanniques qui les
attendent 12 kilomètres plus loin....La sortie c'était un brasier
nous disent les anciens combattants. Les convois silencieux au début sont
surpris par l'ennemi...C'est l'attaque !!! On voyait comme en plein
jour, ça "pétait" de partout, c'était un déluge de feu nous racontent les
anciens combattants avec émotion...
Au total "600 soldats
périrent"....C'est une sortie qui "coute cher" nous dit Pierre
Messmer. En fait 1500 soldats sur les 3700 combattants manquèrent à
l'appel....!
Mais ce décrochage loin d'étre un échec militaire
reste une victoire sur le plan politique.Le général De
Gaulle y gagne une reconnaissance nationale et internationale. La
France Libre y trouve sa légitimité.Le génie militaire Français est
prouvé.
De Gaulle adresse un télégramme à D'Argenlieu dans
lequel il dit "La France Combattante est fière de ses soldats du
Pacifique". Dans notre émission mise en ondes par Alexandre Rosada, des textes lus par Roger
Dosdane tiré du livre "Le Bataillon des Guitaristes" de
François Broche paru chez Fayard nous relate des moments de la vie à Bir Hackeim.