CARAKTERES N°35

NICOLAS
KURTOVITCH


Ecrivain du dialogue

Mercredi 30 Octobre à 12H20 et Samedi 2 Novembre à 8H sur RADIO NOUVELLE CALEDONIE.



C'est parce que Nicolas Kurtovitch vient de publier "Autour d'Uluru" que nous avons choisit à Caraktéres d'élargir le cercle et de tourner le temps d'une émission autour de la personnalité de l'auteur.

Içi en Calédonie le nom de Kurtovitch est connu, car les racines familiales sont solides et profondes...il restait donc à Nicolas à se faire un prénom comme on dit, et c'est le cas...De Poésies en proses puis en écritures théatrales, Nicolas Kurtovitch nous invite sans cesse, avec sa sensibilité, à nous interroger, à mieux observer, écouter et approfondir l'air du temps, passé et présent, de la Calédonie et du Monde.
En cela il est profondément Humain, un Humain qui dialogue avec les Humains....et ce dialogue s'il a commencé sur les bancs du lycée, il continue aujourd'hui encore avec son magnifique livre "Autour d'Uluru"..avec une histoire de rencontre, intérieure cette fois...une "marche au centre de soi".


Uluru est un rocher dans le désert de Gibson en Australie, nous dit Nicolas Kurtovitch, un rocher que l'on appelle aussi Ayers Rock...il est situé dans le parc d'Uluru qui géré par la communauté aborigéne.C'est le plus gros rocher du monde haut de 100 mètres, un lieu mythique mais pas un lieu du passé, nous dit Nicolas Kurtovitch. Il faut trois heures de marche pour enfaire le tour.
C'est un lieu de vie trés contemporain.
"J'ai constaté que les peuples dont on dit qu'ils n'ont pas d'écritures ont quand même une lecture de la nature, ce que nous n'avons pas toujours", poursuit Nicolas Kurtovitch. Une lecture au dela d'une connaissance , une lecture qui interprète leur devenir, et qui explique leur présence sur terre.


Votre expérience d'Uluru dites vous, a été l'occasion d'un parcours "au centre de soi" que voulez vous dire ?
Nous avons eu une émotion avec Nicole ma femme, lors d'un précédent voyage. Il explique : Plus tard en revenant à Uluru , et en faisant le tour du rocher, en marchant, nous avons été saisis à nouveau et comme ce lieu est chargé de sens, l'univers nous a ramené à nous même. Il n'y a pas selon moi de séparation entre l'univers et l'individu. Faire la marche à Uluru permet de faire le lien entre le cosmos et nous-même, nous dit Nicolas Kurtovitch.

Il y a du bouddhisme dans votre démarche ? Le Bouddhisme et le Taoïsme sont deux pensées philosophiques dans lesquelles je me reconnais nous dit Nicolas Kurtovitch. Notamment dans les notions de détachement et d'impermanence...

J'ai eu envie d'écrire ce livre entre le 2ème et 3ème voyage nous dit-il, avec Nicole pour approfondir notre émotion et notre dépassement du premier niveau, pour découvrir un autre moment. En cela la pensée du livre à précédé la marche.
Je crois que c'est une manière de faire, qui me plaît dit il, "considérer que l'écriture n'est pas un témoignage mais une recherche, une démarche, un moyen de connaitre".
Nous écoutons un extrait de poêmes tiré du livre.


Dans cet ouvrage j'ai mélangé, le récit en prose et la poésie, nous indique Nicolas Kutovitch. Il nous explique son désir de mélanger ces deux styles. "Je voulais parler du rocher Uluru avec la prose et cela permet d'alterner les paroles". C'est une technique qui me convient compte tenu du style que j'ai. Une forme d'écriture quel'on retrouve au Japon précise-t-il.
Nous écoutons un nouvel extrait du livre.
Puis nous laissons le livre "Autour d'Uluru" pour nous intérresser à la vie de Nicolas Kurtovitch.


Sa famille descend, coté maternel de Jean Taragnat un des premiers français arrivé en Calédonie en 1843. Coté paternel, les racines viennent de Yougoslavie. Ilnous explique cette diversité.
Et votre culture est-elle française ? Oui je me sent de culture Française, je parle français, arrétons de parler de culture Caldoche, il y a une identité calédonienne, et je suis prêt a débattre sur la question dit-il avec fermeté.
Mais mon intérêt me porte aussi sur la culture Slave et Océanienne.Il n'y a pas d'exclusive.
Qu'est-ce qui définit l'originalité de votre rapport au monde ?
Je n'ai pas de sentiment national dit il je me sent citoyen du monde, je me sent Humain, on a le même sang qui coule en nous...Des humains qui ont des apirations communes ? Certaines oui, d'autres différentes, mais il faut essayer de batir une troisième réalité, dépasser les contradictions, pas les nier mais les dépasser car il y a beaucoup de points qui nous rassemblent en Calédonie...Il faut conjuguer l'immédiat et le court et le moyen terme...

Nicolas Kurtovitch nous ensuite parle de sa scolarité entre Nouméa et Bourail, puis il évoque ses premiers poémes publiés en 1973. Il évoque ses voyages, sa "rock and roll attitude". Plus tard il est parti en France faire des études de géographie. Revenu en Calédonie en 1981 il a commencé à publier. Il évoque aussi son expérience de travail à Lifou.
Avec lui, nous évoquons la génése de l'édition en Calédonie.
Cela a commencè petit à petit par des "coups d'éditions" avec Hachette, des personnes comme Claudine Jacques, et puis l'esprit des accords de Matignon a redonné un coup à l'édition sur le Caillou. Là aussi c'est la volonté de plusieurs personnes qui a été décisive, Laurence Viallard, Jean Raymond Postic avec Iles de Lumières et Edipop...Plus prés de nous il y a aussi L' Herbier de feu, qui est une association, récemment Rhizome et Arlette Peirrano qui de son coté s'auto-édite...
Quel était l'état d'esprit en Calédonie dans les débuts de l'édition ? C'était pas si évident, cela dépendait aussi des personnes sensibles ou pas, qui se sentaient concernées ou pas par nos écrits...Aujourd'hui cela a évolué, on peut se faire chroniquer, et si il y en a qui s'autocensure c'est un peu leur problèmes, dit-il.
Que dire de votre expérience d'écriture avec Déwé Gorodey ? C'était fort dit il, on avait envie de dire des choses...L'expérience avec Pierre Gope a été aussi trés forte. mais ill faut bien s'entendre dans l'écriture à plusieurs et avoir une relation affective sinon c'est une addition de textes.
J'ai aussi eu une expérience avec Jean Claude Bourdais dans "l'Arbre à Bière" et "L'arbre à souvenirs" cela m'a obligé d'aller au dela...
La préface et la postface de "Autour d'Uluru" est signée de Jean Claude Bourdais ? Oui et je suis flatté de ce qu'il a dit et je suis content d'étre en phase avec lui, ajoute-t-il.
Etes vous content de la maquette de votre livre ? Non j'hésite je suis déçu de la maquette la mise en page, le typographie, je l'ai montré à Ouessant, et vais en mettre que quelques uns en vente car j'hésite.
Mais le texte dépasse la forme ? Oui cela m'encourage d'entendre cela, l'emballage ne doit pas être tout ajoute t il.
Alors vous Nicolas Kurtovitch, vous considérez vous romancier ou poête ? Plutôt poête répond Nicolas Kurtovitch. Et la forme romanesque ? non, j'ai écris un roman policier, mais il faut que je le reprenne et puis un roman c'est beaucoup de travail avoue-t-il.
Et l'auteur de théatre ? Ah oui cela me plait beaucoup le théatre...aussi bien les formes longues que courtes...Il faut rappeler d'ailleurs qu'une de vos piéces a inaugurée le Centre Tjibaou ? Oui répond il c'était en 1998. Nicolas Kurtovitch nous explique alors comment cela s'est passé....

"CARAKTERES"
Une émission proposée et réalisée par
ALEXANDRE ROSADA
Site Web : http://www.rosada.net

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