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Mercredi 21 AOUT à
12H20 et Samedi 24 AOUT à 9H
sur RADIO NOUVELLE CALEDONIE.
Une émission d' Alexandre ROSADA

Rencontrer Jean Van Maï
c'est d'abord affronter le regard d'un homme atttentif à vos paroles,
c'est aussi écouter une voix grave dont le phrasé clair et distinc délivre
un propos précis...Puis à mieux l'écouter on ressent à quel point sa
communauté Vietnamienne vit aussi à travers lui, intensément, jusque dans
son écriture qu'il utilise comme témoignage et trace d'un passé,
douloureux, presqu'encore à fleur de peau. C'est de cette écriture du
Moi transformé en écriture du Nous dont il nous a parlé lors de notre
entretien au Mont Coffyn. Là dans une parole d'humilité il nous a donné la
joie de revivre avec lui son cheminement personnel...Aussi avons nous
découvert derrière l'Humain fragile et déterminé, un Auteur qui s'en
défends, tissant son oeuvre au fil du temps...
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Nous
commençons ce récit de vie par son enfance à la Mine Chagrin où ses
parents, des Tonkinois furent employés à leur arrivée sur le
Caillou. Des conditions de vies "spartiates" dit-il. Jean Van
Maï est né en 1940. Il évoque sa scolarité à Nouméa, son
apprentissage et son goût des études. Il fut persévérant et
opiniâtre car il apprit son métier d'electronicien par lui-même et
par correspondance..et dans son studio sans électricité, il
s'éclairait avec du courant provenant d'une batterie rechargée dans
un garage de Nouméa qu'il allait chercher avec son vélomoteur...!
Plus tard ce goût des études le conduisit aussi à
apprendre l' Anglais et le Commerce, avec autant de rage au
coeur...Dans les années 1974, il continuera avec des études de
Littératures toujours par correspondance...
"C'est un trait
de mon caractère, cette obstination "dit il même si je désepère mon
entourage. Dans une famille Vietnamienne l'ainé des garçons doit
réussir dit-il et tout est mis en oeuvre pour cela poursuit il c'est
la tradition ! ...même si mes
soeurs ont été sacrifiés regrette-t-il.... Nous poursuivons sur
la littérature et il nous apprends la sortie du dernier tome de sa
trilogie. Un troisième chapitre intitulé "Pilou Pilou : La ville aux
mille Collines". Un ouvrage qui englobe la période 1931 à
1987. Jean Van Maï nous rappelle l'origine de cette saga et
nous écoutons un passage du Livre....Puis notre
conversation aborde le thême de l'altérité et du regard des
autres sur sa communauté, à une époque les années 50,où
sévissait un racisme "anti-viets... Il le déplore mais il ajoute
aussitôt que certains de ses compatriotes n'ont pas non plus, été
tendre avec lui, lorsqu'il voulut rester en Calédonie et ne pas
retourner au Vietnam, alors vous voyez, conclut-il le racisme venait
des deux cotés. |
...Et cette période trouble a
certainement jouée dans le désir d'écrire chez Jean Van
Maï. Une écriture pour se souvenir, comme un devoir de mémoire, l'envie de
laisser une trace, à une époque, les années 60, où rien n'existait,
aucuns livres sur la douleur et la blessure de cette communauté
Vietnamienne...à la fois enracinée en Calédonie tout en étant déracinée
de leur propre pays... Jean Van Mai nous
raconte ce "déclic" ou comment en passant devant l'ancien Magasin
Barrau, il fut interpellé par le titre d'un ouvrage "Chasseur
Blanc Coeur Noir"...aussitôt en restant sur le Caillou, il
voulut devenir ce témoin, de son propre peuple et il passa à
l'acte...Ainsi en 1980 il publie "Chang Dang", couronné à Paris par le
Prix de l'Asie pour son mérite humain et historique, puis la suite est
édité en 1983 c'est " Fils de Chang Dang". L'Histoires des
Vietnamiens en Calédonie étaient enfin écrite pour la Mémoire "j'étais
libéré dit-il j'avais enfin gagné une sérénité".Mais les gens ont eu peur
par cette vérité poursuit-il. Au passage il remercie Bernard Brou de la
Société d'Etudes Historiques. Depuis "l'écriture est devenue un virus"
nous dit Jean Van Maï, "je vis intensément mes personnages" et puis écrire
"c'est prendre des risques et on y prends goüt à dire des vérités"
poursuit-il. "L'acte d'écrire est ce qui me touche au plus profond, je vis
mes émotions" et l'écriture est un peu "comme une libération". Mais je
n'écris pas pour dire la haine ni régler des comptes.
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Alors
cette matière écrite de faits vécus par vous-même ou votre
communauté vous place-t-elle dans la position d'un romancier ou dans
celle d'un historien ? "Je ne suis pas un historien" nous réponds
Jean Van Maï, j'aime les ethnies, mais pour moi il ne s'agit pas de
passion, c'est un juste un sujet et ajoute t-il "je ne pense
pas être un écrivain", je pense que "nous tous qui écrivont en
Calédonie sommes des pionniers et des précurseurs mais qu'il y aura
une autre génération d'écrivains qui seront eux de grands écrivains"
dit il. Pourtant continue-t-il je ne vois pas de relève pour
l'instant du coté Vietnamien mais il l'appelle de ses voeux.
Et le territoire fait il assez pour le Livre ? J'ai
du mal à répondre par l'affirmative
poursuit-il.
Pour l'heure Jean Van Maï, détient trois
manuscrit écrits mais ils sont dans un tiroir et seront peut
être un jour publiés.. Nous évoquons une autre facette de sa vie,
son action politique. Alors écrira-t-il un jour sur cette période ?
Non réponds-t-il même si cette expérience a enrichit ma vie et a été
intérressante à plus d'un titre. Nous terminons notre entretien sur
les auteurs préférés de Jean Van Maï, c'est Gustave Flaubert dit il,
quand aux écrivains du Caillou, quels sont ses favoris ?
"Je préfére garder ma réponse pour moi" dit
il.
Nous entendons dans l'emission plusieurs extraits de
textes lus des livres de Jean Van Maï. Ces passages sont lus
par Cécile Renneteau, Laurent Chenas, Frédéric Ohlen, et Jean Claude
Pinpin. |
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