Je
viens d'une petite ville du Lot et Garonne.Agen, célèbre pour
ses pruneaux et son rugby, mais aussi la gentillesse de sa population.
J'y
ai vécut pendant 18 ans et j'ai des souvenirs trés précis des lieux et de
l'atmosphère super qui y régnait...
Quel sont les souvenirs de cette période de l'enfance
et de l'adolescence, les plus important pour vous ?
J'en ai deux...
Celui d'une minuscule boutique de livres d'occasions.
Tenue par une vieille bohémienne.Elle me rachetait les livres lus et j'en
achetait de
nouveaux avec quelques francs de l'époque...
Il y avait de tout, des romans sérieux ou légers, des classiques, des bandes
dessinées...comme "Akim" "Rahan" "Blek le rock"
ou "Tintin"...Je me souvient de l'odeur du papier
et des dizaines de piles et de piles de livres en équilibre..
Parfois elle râlait quand je venais..
je ne sait pas pourquoi...Peut être parce que je dérangeais sa lecture de
romans photos qu'elle ne vivrait, elle, jamais...Emme m'aimait bien quand
même et me conseillait de prendre ceci ou cela....
L'autre souvenir est celui de la complicité partagée avec Cathy,
ma cousine aujourd'hui disparue. Nous avions crée un monde imaginaire infranchissable
pour les
autres...Nous lisions beaucoup de livres de philosophie et de psychanalyse
et nous les échangions.
Notre jeu consistait à nous les raconter pour savoir ce que nous en avions
compris...et nous riions
beaucoup car nos avis divergeaient...
c'était le début de débat entre nous et nous- mêmes.
Un accident de la vie l'a emportée. Elle est morte noyée.
Elle me manque beaucoup aujourd'hui... car elle fut ma première Muse...Je
ne m'en suis jamais vraiment remis.
Comment êtes vous devenu Journaliste ?
C'est ma curiosité de tou et de tous, qui m'a poussé vers le
journalisme.
Je suis allé dans une école de Journalisme et j'ai fait plusieurs stages.Puis
je suis
entré comme "journaliste débutant" à la Société Générale de Presse, avenue
de l'Opéra à Paris.
Là j'ai vraiment appris mon métier, on nous faisait pas de cadeaux.
Le meilleur moyen pour que le "métier" entre en vous, et on vous
donnait le goût de l'investigation et de la rigueur.
Ensuite je suis entré à TF1, puis à France 3 et enfin à RFO
où je suis encore. L'outre-mer m'a interpellé, j'y ai découvert l'altérité
et
cela a rempli ma vie jusqu'à aujourd'hui.
C'est la différence qui nous
enrichit, loin de nous léser,
comme le disait St Exupéry.
Vous travaillez en Radio mais vous avez fait de la Télé
avant ?
Oui bien sur, aprés mon expérience en Presse écrite, j'ai immédiatement
fait
de la Télé.
Des magazines d'abord, puis de l'info, et à nouveau des magazines.
Entre 2000 et 2002 j'ai alterné les deux et j'aime cette complémentarité.
Que retenez vous de votre expérience en Nouvelle
Calédonie ?
D'abord, je suis venu en Calédonie en 1988, un premier contact d'un
an, qui m'a énormément apporté
sur le plan humain et professionnel, mais je ne pensais pas y revenir...Puis
un appel s'est fait sentir en 2000,
et je suis retourné...
Là j'ai pu approfondir la relation et
faire des rencontres plus personnelles
avec les Calédoniens Européens et les Kanak avec deux émissions
hebdomadaires
sur l'Histoire et la Littérature.
J'allais m'enraciner dans la mémoire du pays et l'écriture de
cette terre violente,
lorsque j'ai été arraché par ma direction pour une mission
d'encadrement,
de rédacteur en chef de RFO dans l'Océan Indien, sur l'île
de Mayotte.
Je n'ai pas réalisé à immédiatement la déchirure
que cela allait engendrer
mais comme j'aime les challenges, j'ai accepté de relever ce défi
professionnel.
Je suis parti pour Mayotte en 2002.
Alors quel bilan de Mayotte à ce jour ?
Entre 2002 et 2004 j'ai réussit ma mission d'animer une équipe
de rédaction de 22 personnes en Télé et Radio.
Un véritable challenge professionnel ...Nous avons réalisé
une augmentation de 13%
de l'offre d'Information locales en Télé sur nos antennes.
J 'ai pu aussi rencontrer un autre pays, une autre terre,
une autre culture et me passionner pour le peuple mahorais...que j'ai aimé
de tout mon coeur.
J'aimerais y retourner un jour dans quelques années, si Dieu le veut,
comme on dit là bas,
pour voir
l'évolution du pays, son statut, son organisation sociale,
économique et politique.
Pourtant
vous avez accepté de revenir en Calédonie en Aout 2004. Pourquoi?
Parce que j'avais promis à quelqu'un que je le ferais et que je suis
un homme de parole.
J'ai donc demandé à revenir en
Calédonie et plus précisémment dans le Nord du pays à
Koné.
Ainsi je peut travailler au contact des populations de la "brousse"
calédonienne et ressentir le pays.
Koné est à 2h et demi de Nouméa,
s on coté naturel est charmant, parfois un peu rude mais si typique.
J'y suis resté un an, et c'est suffisant pourmoi qui suis trés
urbain.
Et
aujourd'hui en 2009 ?
En 2009 je continue mes émissions de débats et de proximité
en Calédonie, mais cette fois dans
le Sud, à Nouméa où je suis basé
depuis 2 ans et demi maintenant.
Je prépare et j'anime trois émissions qui ont permis d'augmenter
l'audience en 2008 en "access prime time".
Il
s'agit de "Parler Vrai" de "Forum" et occasionnellement
de "Temps de Paroles". Les calédoniens
aiment ces débats de société qui permettent à
la parole de circuler dans la population.
Je
prépare aussi un documentaire de 26 minutes sur "L'histoire
du Sucre" en Calédonie.
Nous verrons bien si nous pouvons mener à bien ce projet aussi.